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Dakar, 21 janvier 2026 — Ă€ compter de ce mercredi, les consulats amĂ©ricains dans le monde ont reçu l’ordre formel de suspendre indĂ©finiment la dĂ©livrance de tout visa d’immigration permanente aux ressortissants de 75 pays, dont 26 États africains. Cette mesure radicale, voulue par le prĂ©sident Donald Trump, constitue le durcissement le plus massif de la politique migratoire amĂ©ricaine depuis son retour au pouvoir il y a un an.

Quels pays africains sont concernés ?

La dĂ©cision du DĂ©partement d’État amĂ©ricain touche une large partie du continent. Parmi les 26 pays africains visĂ©s par le gel figurent certaines des plus grandes Ă©conomies et des nations les plus peuplĂ©es d’Afrique.

· Afrique de l’Ouest : CĂ´te d’Ivoire, Ghana, GuinĂ©e, Liberia, Nigeria, SĂ©nĂ©gal, Sierra Leone, Gambie, Togo, Cap-Vert.

· Afrique Centrale : Cameroun, République du Congo, République Démocratique du Congo, Guinée équatoriale.

· Afrique de l’Est : ÉrythrĂ©e, Éthiopie, Rwanda, Somalie, Soudan, Soudan du Sud, Tanzanie, Ouganda.

· Afrique du Nord : Algérie, Égypte, Libye, Maroc, Tunisie.

Une suspension ciblée, mais aux motifs controversés

Quels visas sont gelés ?

Il est crucial de prĂ©ciser que la suspension ne concerne que les « visas d’immigration », ceux qui mènent Ă  la carte de rĂ©sidence permanente (Green Card). Sont ainsi bloquĂ©es les demandes liĂ©es au regroupement familial, Ă  l’immigration professionnelle permanente ou Ă  la loterie des visas (diversity visa).

Sont en revanche toujours dĂ©livrĂ©s : Les visas de tourisme (B1/B2), d’Ă©tudiant (F-1), de travail temporaire (comme le H-1B) ou d’Ă©change (J-1). Les personnes dĂ©jĂ  aux États-Unis et engagĂ©es dans une procĂ©dure de rĂ©gularisation sur le territoire ne sont a priori pas affectĂ©es par ce gel consulaire.

La justification officielle : la « charge publique »

L’administration Trump justifie cette mesure par la nĂ©cessitĂ© de rĂ©viser en profondeur les critères d’admissibilitĂ©, pour s’assurer que les nouveaux immigrants ne deviennent pas une « charge publique ». Le DĂ©partement d’État affirme que les ressortissants des pays concernĂ©s perçoivent des aides sociales Ă  des « niveaux inacceptables » une fois installĂ©s aux États-Unis.

Cette logique s’inscrit dans la philosophie Ă©noncĂ©e par Donald Trump : les immigrants doivent ĂŞtre « financièrement autonomes » et ne pas « constituer une charge pour les AmĂ©ricains ». Les critères de santĂ©, d’âge, de ressources financières et mĂŞme de maĂ®trise de l’anglais pourraient ĂŞtre considĂ©rablement durcis Ă  l’issue de la rĂ©vision en cours.

Une contestation factuelle

Cette justification est toutefois contestĂ©e. Des Ă©tudes, comme celle de l’institut libertarien Cato Institute citĂ©e par The Guardian, indiquent qu’en 2022, les immigrants consommaient en moyenne 21% d’aides sociales en moins par tĂŞte que les AmĂ©ricains nĂ©s dans le pays.

Un contexte de durcissement migratoire global

Ce gel des visas d’immigration s’inscrit dans une offensive gĂ©nĂ©rale de l’administration Trump contre l’immigration, marquĂ©e par des chiffres record en un an :

· Plus de 100 000 visas révoqués.

· Plus de 605 000 personnes expulsées.

· Une rĂ©duction drastique du programme d’accueil des rĂ©fugiĂ©s, plafonnĂ© Ă  7 500 places pour 2026, contre 125 000 l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente.

Conséquences et incertitudes

La suspension est prĂ©sentĂ©e comme « provisoire », mais son terme est indĂ©fini. Le DĂ©partement d’État a annoncĂ© qu’elle resterait en vigueur tant que les États-Unis ne pourront pas « garantir que les nouveaux immigrants ne puiseront pas dans les richesses du peuple amĂ©ricain ».

Dans l’immĂ©diat, les ambassades continueront de recevoir les dossiers et de conduire des entretiens, mais aucun visa d’immigration ne sera accordĂ© aux ressortissants des pays listĂ©s. Des exceptions très limitĂ©es sont prĂ©vues, notamment pour les binationaux dĂ©tenant un passeport d’un pays non concernĂ©.

Cette dĂ©cision, qui frappe durement le continent africain, pourrait redĂ©finir pour des annĂ©es les perspectives d’immigration lĂ©gale aux États-Unis et marque un tournant significatif dans les relations entre Washington et de nombreuses capitales africaines

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