Khartoum, 21 janvier 2026 — Le gĂ©nĂ©ral Abdel Fattah al-Burhan, prĂ©sident du Conseil de SouverainetĂ© et commandant en chef de l’armĂ©e soudanaise, a opposĂ© un refus catĂ©gorique Ă toutes les initiatives diplomatiques visant Ă relancer des pourparlers de paix. Selon des sources proches du pouvoir soudanais, il aurait signifiĂ© de manière brutale Ă des mĂ©diateurs Ă©trangers, dont un envoyĂ© norvĂ©gien, un diplomate britannique, et l’intermĂ©diaire Mossaad Boulos, qu' »aucune discussion n’est possible » tant que les Forces de Soutien Rapid (RSF) ne sont pas « dĂ©mantelĂ©es et dĂ©sarmĂ©es complètement ».
Un message de fermeté sans équivoque
Face aux pressions internationales rĂ©centes pour une trĂŞve, le gĂ©nĂ©ral Al-Burhan a adressĂ© un message de fermetĂ© sans prĂ©cĂ©dent. « Qu’ils aillent parler Ă quelqu’un d’autre », aurait-il lancĂ© aux mĂ©diateurs, selon les mĂŞmes sources, refusant toute lĂ©gitimitĂ© Ă l’adversaire qu’il qualifie de « milice responsable de massacres et de crimes contre l’humanité ».
Cette position, qualifiĂ©e de « ferme et principielle » par un haut responsable soudanais sous couvert d’anonymat, reprĂ©sente un verrouillage majeur des perspectives de nĂ©gociation. Pour le pouvoir en place Ă Port-Soudan, le rĂ©tablissement de l’ordre et de la sĂ©curitĂ© au Soudan ne peut passer que par la restauration de l’autoritĂ© exclusive de l’État et l’Ă©limination militaire des RSF. « Toute solution qui intĂ©grerait ou blanchirait les RSF ne serait qu’une paix factice, scellant l’impunité », a affirmĂ© ce responsable.
La communautĂ© internationale dans l’impasse
Cette prise de position radicale place la communautĂ© internationale et ses efforts de mĂ©diation dans une impasse profonde. Les appels rĂ©pĂ©tĂ©s de l’ONU, de l’Union africaine et de puissances rĂ©gionales en faveur d’un cessez-le-feu humanitaire et de pourparlers politiques se heurtent dĂ©sormais Ă une condition prĂ©alable jugĂ©e inacceptable par l’autre camp.
Les RSF, fortes de leur contrĂ´le sur d’immenses territoires incluant la majeure partie du Darfour et de la capitale Khartoum, rejettent Ă©videmment toute idĂ©e d’un dĂ©sarmement unilatĂ©ral. Leur dirigeant, le gĂ©nĂ©ral Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemedti », se prĂ©sente au contraire comme un partenaire indispensable Ă toute solution politique et a multipliĂ© les voyages diplomatiques pour asseoir sa lĂ©gitimitĂ©.
Une ligne rouge qui risque de prolonger la guerre
Les analystes craignent que cette exigence ultimatum ne signifie le choix d’une solution purement militaire, prolongeant indĂ©finiment un conflit qui a dĂ©jĂ fait des centaines de milliers de morts et provoquĂ© la plus grave crise de dĂ©placement au monde, avec plus de 10 millions de personnes dĂ©racinĂ©es.
Deux visions s’opposent dĂ©sormais de manière irrĂ©conciliable :
· Pour l’ArmĂ©e et le gĂ©nĂ©ral Al-Burhan, il s’agit d’une guerre pour la survie de l’État contre une milice criminelle qu’il faut annihiler.
· Pour une large partie de la communauté internationale, le conflit est devenu une guerre entre deux factions armées dont aucune ne peut obtenir une victoire totale, imposant une solution négociée incluant un compromis politique et une intégration sécuritaire.
Le refus de Khartoum de discuter tant que les RSF ne sont pas neutralisĂ©es semble condamner le Soudan Ă une guerre d’usure prolongĂ©e, avec des consĂ©quences humanitaires de plus en plus catastrophiques pour une population civile prise en Ă©tau entre les deux belligĂ©rants.

