Bangui, 18 août 2026– Plus d’une vingtaine d’acteurs de la vidange manuelle ont pris part, ce mardi 18 août, à un atelier de renforcement des capacités organisé dans la salle de la mairie du 4ᵉ arrondissement de Bangui. La rencontre, initiée par la Synergie des Acteurs de l’Assainissement Liquide de Centrafrique (SAALCA), a porté notamment sur les techniques de vidange manuelle et les risques sanitaires liés à cette activité.
L’objectif de cet atelier était de renforcer les compétences techniques et sanitaires des vidangeurs afin de favoriser des pratiques d’assainissement liquide plus sûres, plus propres et plus dignes.

Selon le coordonnateur national de la SAALCA, Renaud Grewamai, l’assainissement liquide demeure un secteur largement négligé en République centrafricaine, alors que les besoins sont importants. « Renforcer les capacités techniques et sanitaires des acteurs de la vidange manuelle en RCA afin de promouvoir un assainissement liquide plus sûr, plus propre et plus digne », a-t-il expliqué, présentant ainsi la vision portée par son organisation.
Pour le coordonnateur, le retard de la Centrafrique en matière d’assainissement liquide s’explique notamment par la persistance de pratiques précaires dans la construction et l’entretien des latrines. Dans un contexte marqué par le faible pouvoir d’achat d’une grande partie de la population et la qualité encore insuffisante de nombreuses installations sanitaires, les vidangeurs manuels restent fortement sollicités dans les quartiers de Bangui.
Des conditions de travail à améliorer
À travers cet atelier, la SAALCA entend contribuer à une meilleure organisation du secteur et à l’amélioration des conditions de travail des acteurs manuels. Membre de l’Association panafricaine pour l’assainissement (APAA), l’organisation entend notamment encadrer, former et accompagner les vidangeurs centrafricains.
La question de la protection des acteurs a également occupé une place importante au cours des échanges. Dr Fernand EtienneGbagba, président de la Croix-Rouge centrafricaine et intervenant à l’atelier, a insisté sur l’importance des équipements de protection individuelle (EPI) adaptés.
Selon lui, le port des EPI est indispensable pour réduire l’exposition des vidangeurs aux risques sanitaires et aux maladies liées à leur activité (Risques biologiques, physiques, chimiques, psychosociaux et environnementaux).
La protection des travailleurs constitue également un enjeu de santé publique, compte tenu des risques pouvant affecter les populations vivant à proximité des lieux de vidange et des sites de dépotage.
Cette formation intervient après une première distribution de certains équipements de protection individuelle grâce à l’appui de l’APAA. Elle doit permettre aux bénéficiaires de mieux utiliser ces équipements et d’adopter des pratiques plus sécurisées sur le terrain.
Des actions prévues dans les arrondissements
La SAALCA prévoit de poursuivre ses actions de sensibilisation et de formation dans les différents arrondissements de Bangui, avec l’ambition de rapprocher les acteurs de l’assainissement des populations et de promouvoir de meilleures pratiques sanitaires.
Une première activité est notamment annoncée pour le mois de septembre dans le 7ᵉ arrondissement de Bangui, avec une opération de vidange du lycée d’État des Rapides. Cette intervention devrait permettre d’améliorer les conditions sanitaires de l’établissement avant la rentrée scolaire 2026-2027.
Pour Renaud Grewamai, l’atelier du 18 août constitue ainsi une étape préparatoire importante avant le déploiement de ces activités sur le terrain.
Un appel aux partenaires
À l’issue de la rencontre, la SAALCA a lancé un appel aux pouvoirs publics, aux organisations nationales et aux partenaires au développement afin qu’ils accordent davantage d’attention au secteur de l’assainissement liquide.
Considéré comme un secteur encore peu soutenu en République centrafricaine, l’assainissement liquide constitue pourtant un enjeu majeur de santé publique. Pour la SAALCA, renforcer les capacités des acteurs, améliorer leurs équipements et sensibiliser les populations sont autant de leviers indispensables pour relever le défi de l’assainissement et contribuer à l’amélioration durable des conditions de vie des populations centrafricaines.
La formation de ce mardi marque ainsi une nouvelle étape dans la volonté de professionnaliser la vidange manuelle en Centrafrique et de faire de l’assainissement liquide un véritable enjeu de santé publique.
Cette formation a été sanctionnée par la remise d’un certificat à chacun des participants, attestant de leur participation et des compétences acquises.

