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N’Djamena, 21 janvier 2026 — Le ministère tchadien des Affaires étrangères et de l’Intégration africaine a ordonné le retour immédiat et sans délai de l’ensemble de ses agents diplomatiques en poste à l’étranger, ainsi que leurs familles, dans un délai strict de dix jours après réception de leurs billets d’avion. Une note circulaire datée du 20 janvier 2026, dont Afrique en Plus a obtenu copie, instruit les mesures disciplinaires drastiques qui s’appliqueront aux récalcitrants.

Une instruction formelle et sans ambiguïté

La note, émanant de la Direction des Ressources Humaines et des Moyens Généraux du ministère, est adressée à toutes les ambassades et consulats du Tchad à l’étranger. Elle stipule clairement que tous les agents en poste diplomatique, ainsi que les membres de leurs familles vivant avec eux, doivent impérativement regagner le territoire national dans les dix jours suivant la réception de leurs titres de transport.

Les billets d’avion, pris en charge par l’État, leur seront directement transmis. La circularisation de cet ordre de rappel massif, sur instruction de l’Inspection générale des services, indique une mise en œuvre centralisée et contrôlée depuis N’Djamena.

Sanctions immédiates en cas de non-respect

Le texte ne laisse aucune place à l’interprétation ou aux aménagements. Il précise que tout agent qui ne respecterait pas ce délai impératif se verra immédiatement sanctionné par :

· La suspension de son traitement salarial.

· La suspension de tous ses avantages et indemnités liés à sa fonction.

Ces sanctions seront appliquées sur-le-champ, sans autre formalité, conformément aux directives de l’Inspection générale. Cette sévérité inhabituelle souligne le caractère urgent et impérieux de cette mesure.

Un rappel massif aux motivations encore opaques

À ce stade, les raisons exactes de ce rappel généralisé et soudain de l’ensemble du corps diplomatique tchadien ne sont pas officiellement communiquées. Un tel mouvement, touchant toutes les représentations à travers le monde, est extrêmement rare dans la pratique diplomatique internationale.

Les spéculations vont bon train dans les capitales et les chancelleries. Plusieurs hypothèses sont avancées par des observateurs de la région :

· Une restructuration majeure et immédiate du ministère des Affaires étrangères et du réseau diplomatique.

· La préparation d’un événement politique national d’une ampleur exceptionnelle, nécessitant la présence de tous les hauts fonctionnaires.

· Une mesure interne liée à une enquête ou un audit de grande envergure sur les services diplomatiques.

Les tentatives pour obtenir un commentaire officiel du gouvernement tchadien ou du ministère concerné sont, pour l’instant, restées infructueuses.

Un contexte régional sous tension

Cet événement survient dans un contexte politique et sécuritaire régional particulièrement tendu. Le Tchad, État clé du Sahel et membre influent de la Communauté Économique et Monétaire d’Afrique Centrale (CEMAC), fait face à d’importants défis sécuritaires et à une situation économique difficile, comme en témoignait récemment l’alerte du FMI sur les risques pesant sur la zone.

La convocation, ce jeudi 22 janvier à Brazzaville, d’un sommet extraordinaire des chefs d’État de la CEMAC pour faire face aux urgences économiques, ajoute à l’actualité chargée de la région. La coïncidence des calendriers interroge quant à d’éventuels liens entre ces différents mouvements diplomatiques et politiques.

La communauté internationale, les partenaires du Tchad et les organisations régionales suivront avec une attention accrue les prochaines déclarations de N’Djamena, qui devront nécessairement lever le voile sur les motivations de cette décision aussi radicale qu’inédite.

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