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À quelques semaines du coup d’envoi de la Coupe du Monde 2026, des centaines de supporters de la République démocratique du Congo se retrouvent dans une situation kafkaïenne : billets en main, visas refusés. Kinshasa exige désormais que la FIFA assume ses responsabilités.

Kinshasa le 29 mai 2026— les Léopards de la RDC débuteront leur Mondial le 11 juin prochain sur les pelouses nord-américaines. Mais dans les tribunes, il n’y aura pas un seul maillot congolais. Les États-Unis et le Canada ont suspendu la délivrance de visas aux ressortissants de la RDC, officiellement en raison de « risques sanitaires liés à une résurgence d’Ebola ». Une décision brutale qui laisse des centaines de supporters avec des billets payés et aucune possibilité de rejoindre les stades.

À Kinshasa, la réaction ne s’est pas fait attendre. Le ministre des Sports a dénoncé une mesure « discriminatoire, disproportionnée et scientifiquement infondée ». L’Organisation mondiale de la santé n’a pourtant signalé aucun cas actif d’Ebola dans l’ouest du pays depuis plusieurs mois, et les derniers foyers connus se situent à plus de 1 500 kilomètres de la capitale.

La FECOFA saisit officiellement la FIFA

La Fédération congolaise de football association (FECOFA) a officiellement saisi le comité d’organisation de la Coupe du Monde. Sa demande est claire : le remboursement intégral des billets achetés par les supporters congolais dans l’incapacité d’obtenir un visa. Ces billets ont été acquis via les plateformes officielles de la FIFA, parfois au prix de lourds sacrifices financiers.

« La FIFA vend des billets pour un spectacle universel. Si des États membres imposent un blocus sanitaire qui exclut de fait une nation entière, l’instance ne peut pas empocher l’argent sans fournir la prestation », a déclaré un avocat spécialisé en droit international du sport, consulté par notre rédaction.

« C’est une injustice criante. Nos supporters ont tout payé. Ils ne peuvent aller nulle part. »

La FIFA, sollicitée, a répondu de manière laconique : « Nous prenons note de la requête congolaise et l’examinons en liaison avec les autorités locales des pays hôtes. » Une réponse jugée « dilatoire » par les concernés, à quelques semaines d’un événement qui ne souffre aucun délai.

Un précédent qui dépasse le cas congolais

Cette affaire soulève une question bien plus large sur la nature même de la Coupe du Monde. Si la raison sanitaire peut devenir un instrument de filtrage des supporters selon leur nationalité, l’universalisme affiché par la FIFA depuis des décennies devient une promesse creuse.

Les États-Unis et le Canada ont engagé leur réputation dans l’organisation de ce Mondial présenté comme le plus grand de l’histoire. La manière dont ils traiteront — avec la FIFA — le dossier congolais sera observée et mémorisée bien au-delà des frontières de la RDC. En Afrique, on n’oublie pas facilement ceux qui prennent l’argent sans rendre les comptes.

Les Léopards courront sans leur douzième homme. Reste à savoir si la FIFA aura, elle, le courage d’assumer ses engagements.

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