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Bangui, 7 janvier 2026 — Le candidat numéro 7, Anicet-Georges Dologuélé, a vivement réagi ce mercredi à la proclamation des résultats provisoires de la présidentielle du 28 décembre 2025. Il s’offusque tout autant des circonstances opaques de cette annonce effectuée vers minuit lors d’une cérémonie à laquelle il n’a pas été convié que des chiffres eux-mêmes, qu’il rejette catégoriquement, pointant du doigt une falsification manifeste plus particulièrement dans la région de Yadé.

Dans la nuit du 5 au 6 janvier, l’Autorité nationale des élections (ANE) a proclamé la réélection du président Faustin-Archange Touadéra avec 76,15% des voix, reléguant Dologuélé à 14,66%. Le candidat de l’opposition clame pourtant sa victoire, s’appuyant sur des chiffres collectés par ses représentants.

Une proclamation contestée dans la forme

Une annonce à l’heure jugée insolite

Dologuélé a exprimé sa profonde stupéfaction quant au moment choisi pour l’annonce officielle. La convocation des acteurs politiques et de la presse pour une proclamation vers minuit est perçue par son camp comme une tentative de minimiser la couverture médiatique et de contourner l’attention publique. « Une annonce d’une telle importance, censée sceller le destin de la nation, se fait-elle dans l’obscurité de la nuit ?« , s’est interrogé un proche conseiller du candidat.

Une exclusion perçue comme un déni de légitimité

L’absence d’invitation formelle adressée à Dologuélé pour assister à cette cérémonie est vécue comme un acte d’exclusion politique délibéré. Cette omission est interprétée comme un message clair du pouvoir en place : la parole et la présence du principal rival ne sont pas jugées nécessaires à un moment démocratique crucial. Cette mise à l’écart formelle sape, selon l’opposition, la crédibilité de toute la procédure.

Un contentieux focalisé sur la région de Yadé

Des chiffres officiels « statistiquement impossibles »

Le cœur technique de la contestation de Dologuélé se concentre sur les résultats annoncés pour la région de Yadé. Selon les chiffres de l’ANE, le président sortant y aurait réalisé un score écrasant. Cependant, le candidat numéro 7 affirme que les données de terrain recueillies par ses 10 000 représentants racontent une histoire radicalement différente.

Il avance que dans cette région, considérée comme un de ses fiefs, les procès-verbaux qu’il détient montrent une avance nette et incontestable en sa faveur. La divergence entre ses chiffres et ceux proclamés est d’une telle ampleur qu’il parle de « fabrication pure et simple » et de « tripatouillage » destiné à inverser le résultat réel du vote.

Une preuve de la fraude systémique

Pour Dologuélé, Yadé n’est pas un cas isolé mais l’exemple le plus flagrant d’une fraude organisée à l’échelle nationale. Il affirme que cette falsification grossière sur un territoire spécifique démontre la méthodologie appliquée par les auteurs de ce qu’il nomme un « hold-up électoral ». Son équipe juridique annonce que les procès-verbaux contradictoires de cette région constitueront la pièce maîtresse de son recours devant le Conseil constitutionnel.

Réactions et risques de cristallisation

Un pouvoir qui campe sur ses positions

Face à ces accusations, le camp du président Touadéra reste inflexible. Le porte-parole du Mouvement Cœurs Unis a simplement répondu que « l’ANE est la seule instance compétente pour publier les résultats » et que toutes les procédures ont été respectées. Il a invité tous les candidats à « faire preuve de responsabilité » et à utiliser les voies de recours légales sans alimenter la tension.

La communauté internationale en observation

Alors que les observateurs de l’Union africaine avaient globalement salué le déroulement du vote, les allégations précises sur la région de Yadé et les conditions de la proclamation pourraient amener à un réexamen plus critique. Les partenaires internationaux de la Centrafrique suivent désormais avec une attention accrue la manière dont les institutions, notamment le Conseil constitutionnel, traiteront ces griefs spécifiques.

Vers une crise de confiance institutionnelle

La contestation d’Anicet-Georges Dologuélé ne se limite plus à un simple rejet de chiffres. En pointant du doigt l’heure nocturne de la proclamation et son exclusion de l’événement, il attaque la légitimité même du processus. En focalisant son argumentaire sur les résultats « impossibles » de la région de Yadé, il tente d’apporter une preuve tangible de la fraude qu’il dénonce.

Cette situation fait peser un risque sérieux de crise de confiance durable dans les institutions électorales centrafricaines. Les prochains jours, marqués par l’examen des recours, seront déterminants pour la stabilité du pays. Ils révèleront si les mécanismes de règlement des différends électoraux sont capables d’apaiser les tensions ou s’ils confirmeront le sentiment d’injustice qui anime aujourd’hui le camp de l’opposition.

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