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Bamako le 28 octobre 2025, les États-Unis ont pris une mesure exceptionnelle en ordonnant à leurs ressortissants de quitter immédiatement le Mali.

 Cette décision, qui intervient dans un contexte de tensions diplomatiques, est la conséquence directe d’une dégradation sécuritaire sans précédent, marquée par un blocus jihadiste sur le carburant qui asphyxie le pays.

🔥 Le blocus qui paralyse le Mali

Le catalyseur immédiat de la crise est un blocus sur les importations de carburant imposé depuis septembre 2025 par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), une organisation affiliée à Al-Qaïda. Cette stratégie vise explicitement à étouffer l’économie du pays pour faire pression sur le gouvernement militaire.

Une Paralysie nationale : Les attaques répétées contre les camions citernes, malgré les escortes militaires, ont provoqué une pénurie aiguë d’essence et de diesel. Le gouvernement a été contraint de suspendre les cours dans les écoles et universités pour deux semaines, un indicateur flagrant de la gravité de la situation.

Le Ciblage de la capitale : Le JNIM multiplie les opérations sur les routes autour de Bamako, cherchant à isoler la capitale. Les analyses de l’ambassade américaine indiquent un conflit armé continu entre le gouvernement malien et des groupes terroristes aux abords de Bamako, rendant la situation sécuritaire dans la capitale même « imprévisible ».

L’escalade des alertes américaines

La décision d’évacuation n’est pas soudaine, mais le point d’orgue d’une escalade des alertes.

Un Premier signal : Dès le 24 octobre 2025, le Département d’État américain a autorisé le départ du personnel gouvernemental non essentiel et de leurs familles, invoquant l’incapacité à fournir des services d’urgence en dehors de Bamako.

·L’Alerte totale : Le 28 octobre 2025, l’ambassade a publié un communiqué exhortant tous les citoyens américains à « quitter immédiatement le pays » par les vols commerciaux encore disponibles. L’ambassade a spécifiquement déconseillé les départs par voie terrestre en raison du risque élevé d' »attaques terroristes le long des routes nationales ».

Un contexte sous-tendu par des tensions diplomatiques

Si la raison officielle est sécuritaire, cette crise s’inscrit dans un rapport bilatéral tendu. Quelques jours seulement avant l’alerte d’évacuation, les deux pays se sont livrés à une passe d’armes diplomatique.

La Crise des visas : Le 23 octobre 2025, les États-Unis ont instauré un programme pilote de caution de visa pour les ressortissants maliens, les obligeant à verser une caution pouvant atteindre 10 000 dollars.

La Réaction immédiate du Mali : Le gouvernement malien a décrété la réciprocité, imposant aux citoyens américains les mêmes conditions et exigences. Il a déploré une « décision unilatérale » portant atteinte à un accord de visa de longue durée.

Une souveraineté nationale sous pression

Pour la junte au pouvoir depuis 2021, cette crise est un coup dur. La stratégie des groupes djihadistes, combinant blocus économique et pression militaire, semble montrer les limites de la capacité du gouvernement à sécuriser le territoire et les approvisionnements vitaux. Les récentes limogeages de hauts responsables militaires par le général Assimi Goïta pour « insuffisance de résultats sur le terrain » en sont une illustration.

L’ordre d’évacuation des États-Unis est un signal d’alarme sans ambiguïté sur la dégradation de la sécurité au Mali. Il révèle la vulnérabilité d’un État confronté à une insurrection qui a désormais les moyens de paralyser le cœur économique du pays et de défier directement la souveraineté nationale.

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