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Bangui, 2 janvier 2026 — La tension politique est à son comble en République centrafricaine. Quelques heures après qu’Anicet-Georges Dologuélé a publiquement revendiqué la victoire à la présidentielle et dénoncé des fraudes massives, le Mouvement des Cœurs Unis (MCU) au pouvoir a répliqué avec force. Par la voix de son porte-parole, l’honorable Évariste Ngamana, le parti du président sortant Faustin-Archange Touadéra a qualifié les allégations de l’opposant de « fiction » et de « tentative désespérée de semer le trouble », dans un communiqué de presse rendu public ce vendredi.

Les Accusations de l’Opposition

Lors d’une conférence de presse tenue vendredi, Anicet-Georges Dologuélé, candidat de l’Union pour le renouveau centrafricain (URCA) pour la troisième fois consécutive, a affirmé avoir remporté le scrutin du 28 décembre. S’appuyant sur des données collectées par 10 000 représentants de son parti à travers le pays, il a déclaré que le MCU était « en chute libre dans 17 des 20 préfectures ».

Le leader de l’opposition, un économiste expérimenté et ancien Premier ministre, a dénoncé « une tentative méthodique de tripatouillage des résultats, avec la complicité active ou passive de segments de l’Autorité nationale des élections et sous pression directe du pouvoir ». Il a assuré détenir des preuves et a lancé un avertissement sans équivoque : « Je l’ai accepté deux fois, cette fois je ne l’accepterai pas », en référence à ses défaites contestées en 2016 et 2021.

La Réplique Cinglante du Pouvoir

La réponse du MCU, orchestrée par son porte-parole Évariste Ngamana, également premier vice-président de l’Assemblée nationale, ne s’est pas fait attendre. Le communiqué du parti au pouvoir adopte un ton ferme et méprisant à l’égard des accusations.

Les principaux points de la réponse du MCU :

· Dénonciation d’une « fiction » : Le communiqué affirme que les déclarations de Dologuélé relèvent de « l’imagination et de la théorie du complot », et sont une manœuvre pour « créer un vide constitutionnel ».

· Appel à respecter les institutions : Le MCU enjoint l’opposition à attendre la proclamation des résultats officiels par l’Autorité Nationale des Élections (ANE), prévue le 5 janvier, et à utiliser les voies de recours légales si nécessaire.

· Défense du scrutin : Ngamana a salué le déroulement « professionnel et calme » du quadruple scrutin, balayant au passage les critiques sur les dysfonctionnements logistiques ou l’accessibilité des listes électorales.

· Attaque personnelle : Le communiqué conclut sur une note agressive, suggérant que les leaders de l’opposition, dont Dologuélé, « n’ont plus rien à proposer au peuple centrafricain » et qu’il serait « temps pour eux de prendre leur retraite ».

Un Contexte Électoral Tendu

Cette passe d’armes verbale survient dans un climat politique déjà extrêmement polarisé. Le président Touadéra, candidat pour un troisième mandat rendu possible par une révision constitutionnelle, avait fait campagne sur son bilan sécuritaire, clamant avoir ramené la paix. Cependant, le scrutin s’est tenu sous la surveillance de forces étrangères, dont des mercenaires du groupe Wagner, dont le rôle a été publiquement reconnu par des figures du MCU, un fait qui alimente les critiques sur la souveraineté du processus.

Par ailleurs, des incidents sécuritaires, comme l’enlèvement d’une sous-préfète et d’un agent électoral à Bambouti, ainsi que des tirs nourris près de Bossangoa, ont rappelé la fragilité persistante du pays. Malgré cela, le vote s’est globalement déroulé dans le calme dans la plupart des régions.

Quelle Suite Politique ?

Anicet-Georges Dologuélé s’est dit prêt à saisir le Conseil constitutionnel, qu’il a appelé à « assumer son rôle d’arbitre ». La position inflexible du MCU, quant à elle, laisse peu d’espoir pour un dialogue apaisant dans l’immédiat.

La communauté internationale observe avec attention l’évolution de la situation, alors que les Centrafricains attendent dans l’incertitude les résultats officiels qui scelleront, ou non, une nouvelle crise post-électorale dans un pays en quête de stabilité.

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