BANGUI, 23 décembre – La République centrafricaine a perdu cette nuit l’une de ses figures les plus respectées et engagées, l’ancienne ministre et militante infatigable pour les droits des femmes, Madame Dorothée Aimée Malenzapa.
Sa disparition survient dans une période de grande tension politique, à quelques jours seulement d’un scrutin présidentiel décisif, rappelant l’engagement constant d’une vie pour le dialogue et le progrès social.
Madame Malenzapa, dont la carrière a traversé l’enseignement, la diplomatie et les plus hautes sphères de l’État, laisse derrière elle l’héritage durable d’une pionnière qui a consacré son existence à l’autonomisation des femmes centrafricaines.
Un parcours au service de la nation et de la Francophonie
Le parcours public de Dorothée Aimée Malenzapa est marqué par son accession au poste de Ministre de la Coopération internationale, de l’Intégration régionale et de la Francophonie dans le gouvernement Touadéra III, formé en 2011 sous la présidence de François Bozizé. Dans cette fonction, elle a porté la voix de la Centrafrique sur la scène internationale, défendant avec conviction le rôle de la Francophonie comme espace de dialogue et de développement. Lors du 14ème Sommet de la Francophonie à Kinshasa en 2012, elle avait salué une institution ayant pris « une autre envergure », évoluant de la langue et la culture vers une prise en compte de tous « les problèmes de développement et de gouvernance ». Elle voyait en l’Afrique un pilier fondamental de cette communauté internationale.
Avant et après ce passage gouvernemental, elle a mené une carrière de diplomate et de fonctionnaire au sein de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), mettant son expertise au service de la coopération internationale.
Une vie dédiée à l’émancipation des femmes
Au-delà de ses fonctions officielles, c’est son engagement de terrain qui a profondément marqué la société centrafricaine. Professeure de français de formation, elle a très tôt orienté son action vers l’éducation et le leadership féminin.
Fondations et engagements clés :
· 1994 : Création de l’Association des Femmes Éducatrices pour le Développement en Centrafrique (AFEDEC).
· 2015 : Fondation du Réseau de Soutien au Leadership Politique des Femmes Centrafricaines (RESOLEP-FC), qu’elle coordonnait jusqu’à son décès.
· 2016 : Création du Collectif des Femmes de la Société Civile Centrafricaine.
Reconnue comme experte en genre et développement, elle intervenait régulièrement sur des plateformes internationales pour défendre l’autonomisation économique des femmes comme rempart contre la pauvreté. Lors d’un panel de haut niveau du Réseau Francophone pour l’Égalité Femme-Homme (RF-EFH), elle a présenté des « stratégies pour faire asseoir et consolider l’autonomisation des filles et des femmes ».
Un héritage dans une période de tensions
Le décès de Mme Malenzapa intervient dans un climat politique national extrêmement tendu, à cinq jours d’une élection présidentielle controversée où le président Faustin-Archange Touadéra brigue un troisième mandat. Le pays est marqué par un profond clivage entre le pouvoir et une opposition qui dénonce des entraves à la démocratie.
Dans ce contexte, la voix de la sagesse, de l’engagement institutionnel et du plaidoyer social constant de Dorothée Aimée Malenzapa manquera cruellement. Son parcours rappelle que le développement et la stabilité d’un pays passent aussi par l’inclusion, l’éducation et la pleine participation de toutes ses composantes, en particulier de ses femmes.
Principaux postes et réalisations de Dorothée Aimée Malenzapa
· Poste gouvernemental
· Ministre de la Coopération internationale, de l’Intégration régionale et de la Francophonie (2011-2013).
· Engagements internationaux
· Ancienne fonctionnaire de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).
· Intervenante au Panel de haut niveau du Réseau Francophone pour l’Égalité Femme-Homme (RF-EFH).
· Fondations et leadership associatif
· Fondatrice de l’Association des Femmes Éducatrices pour le Développement en Centrafrique (AFEDEC, 1994).
· Fondatrice et coordinatrice du Réseau de Soutien au Leadership Politique des Femmes Centrafricaines (RESOLEP-FC, 2015).
· Fondatrice du Collectif des Femmes de la Société Civile Centrafricaine (2016).
· Profession d’origine
· Professeure de français.
La République centrafricaine rend aujourd’hui hommage à une femme d’État, une éducatrice et une bâtisseuse. Ses combats pour la paix, le dialogue et les droits des femmes demeurent un cap essentiel pour l’avenir du pays.

