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Bangui, le 10 Novembre 2025 – La scène politique centrafricaine s’anime à l’approche du prochain cycle électoral. Dans un climat où l’apaisement et la stabilité restent les maîtres-mots d’une nation meurtrie, la question d’une compétition ouverte et sereine se pose avec acuité. La candidature potentielle de l’ancien Premier Ministre et figure économique, Monsieur Anicet-Georges Dologuélé, suscite des interrogations qui dépassent le simple cadre de la rivalité politique.

Monsieur le Président Faustin-Archange Touadéra, de quoi avez-vous peur ?

Cette question, beaucoup se la posent aujourd’hui dans les rues de Bangui et dans les cercles politiques. La crainte, perceptible dans certaines franges du pouvoir, semble disproportionnée.

Sieur Dologuélé n’est pas un inconnu. C’est un fils du pays, un technocrate expérimenté dont la réputation en matière de gestion économique est solidement établie. Sa candidature représenterait, en théorie, l’essence même de la démocratie : une alternative, un débat d’idées, un choix pour le peuple.

Pourtant, des signes laissent à penser que cette alternative n’est pas la bienvenue. Pourquoi ? Le parti au pouvoir, le Mouvement Cœurs Unis (MCU), dispose pourtant d’un atout majeur : une organisation sans précédent. Structuré, implanté sur une grande partie du territoire et bénéficiant des ressources de l’État, le MCU est en avance sur le plan logistique et militant. C’est une machine politique rodée, capable de porter son projet et son candidat avec une force que l’opposition, souvent fragmentée, peine à égaler.

Alors, pourquoi la peur ?

La crainte d’une candidature comme celle de Monsieur Dologuélé est-elle celle du débat ? Est-ce la peur de confronter un bilan à un projet ? Est-ce l’appréhension de voir un technocrate reconnu pointer du doigt les faiblesses économiques qui persistent malgré les efforts de reconstruction ?

Le peuple centrafricain, Excellence Monsieur le Président, n’a que faire de ces calculs politiciens. Il a trop souffert. Il a connu la guerre, les déplacements, la misère et l’insécurité. Ce qu’il réclame aujourd’hui, c’est la paix, la stabilité et la possibilité de vivre dignement. Il mérite une campagne électorale pacifique, un débat d’idées élevé et un processus transparent où le vainqueur n’ait pas à douter de sa légitimité et le perdant, de la justesse du scrutin.

Évitons les problèmes.

Le pire scénario pour la Centrafrique serait que la peur engendre la violence. La fermeture de l’espace politique, l’intimidation ou des manœuvres douteuses pour écarter des candidats sérieux ne feraient qu’attiser les tensions dans un pays où elles couvent toujours sous la cendre.

La force d’un leadership se mesure aussi à sa capacité à accepter la contradiction. Excellence Monsieur le Président, vous avez l’opportunité historique d’offrir au pays une élection apaisée. Votre parti est en position de force. Utilisez cette avance organisationnelle pour faire campagne sur vos réalisations et votre vision, non pour étouffer la concurrence.

Montrez que la démocratie centrafricaine est assez mature pour accueillir plusieurs visions. Montrez que vous n’avez pas peur. Parce que le peuple, lui, n’a plus peur de la politique ; il a peur de retourner dans le chaos.

Le message est simple : Laissons le peuple choisir en paix. Son verdict, quel qu’il soit, sera le seul légitime. Le Centrafrique a tout à gagner d’une compétition loyale, et tout à perdre dans le retour des vieux démons.

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