Bangui, le 19 Novembre 2025 – La situation de Mahamat Al-Khatim, ancien chef rebelle du Mouvement Patriotique pour la Centrafrique (MPC), continue de susciter de vifs débats en République centrafricaine. Alors que des sources récentes indiquent un possible accord de paix avec le gouvernement du Président Faustin-Archange Touadéra, de nombreuses voix s’élèvent pour réclamer que l’ancien chef de la Séléka réponde de ses actes devant la justice pour les crimes dont il est accusé.
Un revirement de situation controversé
Mahamat Al-Khatim, dont le groupe armé a été impliqué dans de nombreuses violences et accusations de crimes graves, a été détenu au Tchad pendant plusieurs mois en 2024, avant d’être libéré début mars 2025 dans des circonstances floues. Contre toute attente, des informations récentes (datées de novembre 2025) font état de la signature ou de la préparation d’un accord de paix entre son mouvement et le gouvernement centrafricain.
Cette évolution a ravivé l’indignation de la société civile et des victimes des exactions présumées. Pour beaucoup, l’intégration ou la proximité d’un chef rebelle accusé de crimes avec les autorités est inacceptable.
Le cri des victimes : la justice avant tout
La rhétorique selon laquelle « La place de Mahamat Al-Khatim n’est pas à côté de Touadéra mais à la prison » reflète le sentiment profond de nombreux Centrafricains qui exigent que la lutte contre l’impunité soit une priorité nationale. Des organisations de défense des droits humains, comme Human Rights Watch et Amnesty International, ont documenté les atrocités commises par divers groupes armés, y compris ceux de la Séléka, dont le MPC était une faction.
La Cour Pénale Spéciale (CPS), un tribunal hybride centrafricain avec un mandat international pour juger les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis depuis 2003, est vue comme l’instrument légitime pour traiter de tels cas. Plusieurs procès de chefs rebelles présumés sont déjà en cours, notamment devant la CPI et la CPS, montrant une volonté de justice, même si le processus est lent.
Le dilemme entre paix et justice
La position du gouvernement Touadéra semble naviguer entre la nécessité de la paix et de la réconciliation nationale, qui passe parfois par des accords politiques avec d’anciens belligérants, et l’impératif moral et juridique de rendre justice aux victimes. La stabilité politique et sécuritaire du pays reste fragile, avec des opérations militaires et des activités criminelles toujours en cours dans plusieurs régions.
Si un accord de paix peut apporter un calme temporaire, l’absence de poursuites judiciaires à l’encontre des auteurs présumés de crimes de masse risque de saper les fondations d’une paix durable et d’approfondir le ressentiment des communautés affectées. Le débat entre l’amnistie au nom de la paix et la justice au nom de l’état de droit reste entier en RCA.
La communauté internationale et les citoyens centrafricains attendent désormais de voir si la quête de la paix primera sur l’exigence de justice dans le cas de Mahamat Al-Khatim.

