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Brazzaville a abrité, ce jeudi 22 janvier 2026, un sommet extraordinaire de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) dans un contexte de pressions financières inédites. Présidant la réunion, Denis Sassou N’Guesso a appelé à un « point d’étape lucide et responsable » sur les réformes, tout en sollicitant l’appui des partenaires internationaux pour éviter un choc régional.

Un contexte contrasté, entre fragilités internes et instabilité mondiale

Face aux chefs d’État et représentants des six pays membres (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad), le président en exercice a dressé un bilan contrasté. Il a noté une croissance positive et un reflux de l’inflation dans la zone. Cependant, ces progrès sont menacés par un « contexte international marqué par des crises multiples », une volatilité des cours des matières premières et un resserrement des conditions financières mondiales.

Principales faiblesses macroéconomiques de la CEMAC (état des lieux) :

· Discipline budgétaire : Non-respect généralisé des normes de convergence, endettement élevé (supérieur à 70% du PIB au Congo et au Gabon).

· Dépendance externe : Économies vulnérables aux chocs pétroliers, érosion des réserves de change menaçant la couverture des importations.

· Avancée des réformes : Un seul pays membre ferait des efforts significatifs pour appliquer les réformes communautaires recommandées par le FMI.

Un sommet pour anticiper et coordonner

Convoqué à peine quatre mois après la dernière session ordinaire, ce sommet traduit un « sentiment d’urgence inédit ». Son objectif était d’anticiper un choc économique et monétaire potentiel au premier trimestre 2026 et d’éviter qu’une crise dans un pays ne se propage à toute l’union.

Les discussions en huis clos ont dû porter sur la coordination des politiques budgétaires, la soutenabilité des programmes avec le FMI et le renforcement des institutions comme la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). L’enjeu est de préserver la crédibilité du franc CFA et de l’union monétaire elle-même.

Un appel à l’aide internationale et une responsabilité régionale

Dans son allocution, Denis Sassou N’Guesso a explicitement « sollicité l’appui des institutions financières internationales et des partenaires au développement ». Cet appel intervient alors que le FMI et la Banque mondiale s’inquiètent déjà de la situation macroéconomique de la zone. Il a également réaffirmé la volonté des dirigeants de mettre en œuvre les décisions issues du sommet.

Les conclusions précises de cette réunion d’urgence, qui a vu la participation des présidents Teodoro Obiang Nguema (Guinée équatoriale), Faustin Archange Touadéra (Centrafrique) et Brice Clotaire Oligui Nguema (Gabon), ainsi que des émissaires du Cameroun et du Tchad, restent attendues.

Alors que la région tente de se prémunir contre des vents économiques contraires, la réunion de Brazzaville aura surtout révélé la tension entre la nécessité d’une discipline collective et les réalités politiques nationales. La capacité de la CEMAC à traduire ses alertes en actions concrètes et contraignantes sera le véritable test de sa crédibilité dans les mois à venir.

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