Exilé au Cameroun depuis près de trois ans, le journaliste centrafricain Adrien Koundou Zalia vit dans une insécurité permanente. Réfugié politique reconnu par le HCR, il demeure dans le collimateur du pouvoir de Bangui, qui voit en lui une voix dissidente et une menace sérieuse sur le plan de la communication politique.
Ancien chargé de communication et responsable média du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC), proche conseiller de l’opposant Anicet Georges Dologuélé, Adrien KZ est reconnu pour sa plume critique et intransigeante à l’égard du régime de Faustin Archange Touadéra.
Depuis le début de son exil, il a été à plusieurs reprises victime de menaces, d’intimidations et même de tentatives d’agression physique par des compatriotes instrumentalisés à Yaoundé. Ces attaques se sont intensifiées après sa récente nomination à la Direction nationale de campagne du candidat Dologuélé pour la présidentielle du 28 Décembre 2025.
La montée en tension est alimentée par des proches du président Touadéra, qui perçoivent l’activisme médiatique d’Adrien KZ comme un réel danger pour leur communication de crise, surtout en période électorale.
À Yaoundé, plusieurs sources rapportent que l’étau se resserre autour du journaliste, notamment sous l’action de Jules Ndjawe, un influent conseiller camerounais du Président Touadéra, accusé d’être à la manœuvre pour localiser et faire extrader Adrien KZ vers Bangui, malgré son statut de réfugié protégé.
Depuis son apparition publique lors du vote à l’ambassade, Adrien KZ a disparu avec sa famille. Son appartement dans le 6e arrondissement de Yaoundé a été vidé, et ses proches sont sans nouvelles. Certains craignent pour sa sécurité, d’autant plus que des précédents existent, avec des cas de rapatriements forcés de figures politiques exilées.
Ce harcèlement constant serait lié à certaines révélations sensibles faites par Adrien sur les origines du Président Touadéra, remettant en question son éligibilité au regard de la Constitution qui exclut les binationaux ou non-Centrafricains d’origine de la présidentielle.
Aujourd’hui, la presse centrafricaine tire la sonnette d’alarme. La question qui se pose est claire : le HCR réussira-t-il à protéger Adrien Koundou Zalia et sa famille face à un pouvoir prêt à tout pour faire taire les voix discordantes, même au-delà de ses frontières ?

