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À la veille d’un rendez-vous historique pour la République centrafricaine, les projecteurs se tournent vers l’espace Linga Terre, dans le 8ᵉ arrondissement de Bangui, où se sont ouvertes les répétitions du spectacle culturel MBAYE ti YE.

  Cet événement artistique marquant donne le ton des festivités d’accueil du Caucus Africain 2025, prévu du 30 juillet au 2 août, pour la première fois de son histoire en Afrique centrale, et plus précisé- ment dans une capitale de la CEMAC et de la CEEAC.

Le Caucus Africain, créé en 1963, est un forum stratégique de concertation et de coordination regroupant les ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales africaines, ainsi que des personnalités économiques de haut niveau, et les gouverneurs du FMI et de la Banque mondiale. Il vise à renforcer l’influence de l’Afrique dans les institutions financières internationales et à promouvoir des positions communes en faveur du développement économique du continent.

Une préparation culturelle de grande ampleur

C’est dans ce contexte diplomatique et économique majeur que s’inscrit l’organisation du spectacle MBAYE ti YE, œuvre écrite et mise en scène par l’artiste centrafricain Vincent Mambachaca. Cette création artistique retrace des pans importants de l’histoire de la Ré- publique centrafricaine, tout en célébrant l’unité africaine à travers une fresque culturelle forte et engagée.

Les répétitions, officiellement lancées à Linga Terre, ont réuni plus de 200 artistes venus des quatre coins du pays, de toutes générations confondues, aux côtés d’artistes invités d’autres pays africains. La coordinatrice culturelle du Caucus, Idille Mamba, a salué l’implication des artistes et le soutien des institutions publiques, en particulier celui du ministère des Finances : « Ce spectacle est une occasion pour nous, Centrafricains, de revisiter notre histoire, de nous l’approprier et de la partager avec nos frères et sœurs africains à travers l’art. Trop souvent, nous ignorons notre propre passé. MBAYE  ti YE est une réponse à cela », a-t-elle souligné.

Au-delà de la dimension artistique, cette représentation s’inscrit dans une démarche de plaidoyer culturel. Un mémorandum sera remis au ministère des Arts et de la Culture, afin de pro- mouvoir un engagement plus fort de l’État dans la valorisation du patri- moine culturel national, notamment dans les grands événements diplomatiques.

Le point d’orgue du spectacle sera la présentation de l’unité africaine, symbolisée par l’exposition des drapeaux des 54 États africains. Cette image forte vise à rappeler la vocation du Caucus : faire entendre la voix unie de l’Afrique dans les instances internationales.

                                                    Le soutien du gouvernement et l’enjeu du rayonnement

Présent lors des répétitions, le ministre des Finances et du Budget, Hervé Ndoba, a réaffirmé le rôle central de la culture dans la diplomatie contemporaine. Il a salué l’effort des artistes et la qualité de la production : « À travers ce spectacle, nous envoyons un mes- sage clair : la Centrafrique est debout, fière de son identité, ouverte sur le monde. Ce Caucus n’est pas seulement une réunion technique, c’est une fenêtre sur notre nation, nos valeurs, notre résilience. »

Il a également rappelé que plus de 400 personnalités sont attendues à Bangui, ce qui fait de ce sommet l’un des événements les plus importants organisés en RCA depuis plusieurs décennies.  Ce défi logistique et diplomatique est à mettre au crédit de l’initiative du ministre lui-même, qui a œuvré pour que la capitale centrafricaine soit désignée comme hôte du Caucus, une première dans l’histoire de l’Afrique centrale.

Le Caucus Africain 2025 représente bien plus qu’une simple réunion annuelle. C’est un forum clé pour la coopération et la coordination économique africaine, visant à défendre les intérêts du continent face aux grands enjeux mondiaux : financement du développement, réformes des institutions financières internationales, transition climatique, commerce équitable, entre autres.

Depuis sa création en 1963, aucune édition n’avait encore été organisée dans la sous-région CEMAC. C’est donc une victoire diplomatique majeure pour la République centrafricaine, qui s’affirme ainsi comme un acteur crédible et engagé dans le processus d’intégration régionale et continentale.

Les travaux débuteront officiellement le 30 juillet, mais c’est lors du dîner de gala présidentiel des 1ers et 2 août, en présence de Son Excellence le Président Faustin-Archange Touadéra, que le spectacle MBAYE ti YE sera présenté. Il s’agira d’un moment solennel de rencontre entre culture, mémoire et diplomatie, à la hauteur des ambitions que porte la Centrafrique sur la scène africaine et internationale.

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