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Fidèle Gouandjika, conseiller influent Ă  la prĂ©sidence centrafricaine, a publiquement condamnĂ© les insultes profĂ©rĂ©es par son fils Ă  l’encontre des femmes de Centrafrique. Un acte rare, saluĂ© mais scrutĂ©, qui ne clĂ´t pas l’affaire — il l’ouvre vĂ©ritablement.

Beaucoup s’attendaient Ă  un père protecteur, prompt Ă  Ă©touffer le scandale sous le tapis des privilèges. Il n’en fut rien. Depuis son propre micro, Fidèle Gouandjika a choisi la condamnation publique de son fils. Dans un pays oĂą les « fils de » Ă©chappent trop souvent Ă  la justice, ce mea culpa retentit comme un signal — fragile, mais rĂ©el.

Bangui, le 06 avril 2026—L’affaire avait mis le feu Ă  la toile centrafricaine. Il y a une semaine, une vidĂ©o devenait virale : on y voyait un jeune homme du nom de Gouandjika tenir des propos d’une vulgaritĂ© repoussante Ă  l’endroit des femmes de son pays. Des mots que la dĂ©cence interdit de reproduire, mais dont la violence symbolique fut immĂ©diatement perçue — et nommĂ©e — par les associations fĂ©minines comme une insulte Ă  la dignitĂ© collective des Centrafricaines. Face Ă  l’indignation, le silence des proches avait exacerbĂ© la colère. On attendait une rĂ©action. On espĂ©rait une sanction. On craignait l’impunitĂ©.

C’est le père qui a parlĂ©. Et ce qu’il a dit a surpris tout le monde.

« Il répondra de ses actes » — la déclaration qui change la donne

Fidèle Gouandjika — ancien ministre, conseiller SpĂ©cial influent de la prĂ©sidence de la RĂ©publique, homme de mĂ©dias dont la radio reste l’une des plus Ă©coutĂ©es de Bangui — a choisi sa propre antenne pour s’exprimer. Non pour dĂ©fendre son fils. Pour le juger. Durant une quinzaine de minutes, sans notes, sans dĂ©tour, il a livrĂ© une mise au point que personne dans le landerneau politique centrafricain ne semblait anticiper.

« J’ai Ă©levĂ© mes enfants dans le respect de la femme. Ma mère est une femme. Mon Ă©pouse est une femme. Mes filles sont des femmes. Ce que mon fils a dit est une honte pour notre famille. Mon fils est un enfant crapule. Un grand garçon, dĂ©jĂ  père d’un petit-fils, et par consĂ©quent pleinement responsable de ses actes. » — Fidèle Gouandjika, sur sa radio, Ă  Bangui, ce 06 avril 2026

Il a poursuivi, visiblement Ă©mu, en rĂ©ponse directe aux associations fĂ©minines qui rĂ©clamaient des comptes : « Beaucoup s’attendaient Ă  ce que je prenne sa dĂ©fense parce que je suis son père. Mais ĂŞtre père, ce n’est pas couvrir l’indigne. C’est montrer le droit chemin. Il rĂ©pondra de ses actes. Je ne me mettrai pas en travers. »

Ce qui précède — les faits dans leur brutalité

Rappeler les faits est nĂ©cessaire, prĂ©cisĂ©ment parce que la dĂ©claration du père ne doit pas les faire oublier. La vidĂ©o en question montrait le jeune Gouandjika s’exprimer avec un mĂ©pris non dissimulĂ© Ă  l’Ă©gard des femmes centrafricaines. Le Collectif des femmes centrafricaines pour la justice avait Ă©tĂ© parmi les premiers Ă  rĂ©agir, avec des mots sans ambiguĂŻtĂ© : « Il rĂ©pondra de ses actes. » Depuis, le jeune homme n’avait pas Ă©tĂ© entendu publiquement. Aucune convocation officielle connue. Aucune excuse. Un silence qui, dans le paysage habituel des affaires impliquant des proches du pouvoir, augure gĂ©nĂ©ralement d’un Ă©touffement discret.

La prise de parole de Fidèle Gouandjika rompt ce schĂ©ma. Elle ne le clĂ´t pas — elle l’oblige Ă  continuer autrement.

Une rupture de paradigme — et ses limites

Dans le contexte centrafricain, comme dans beaucoup de pays du continent, les scandales impliquant des « fils de » se règlent rarement devant un juge. Ils se règlent dans des salons, par des intermĂ©diaires, avec de l’argent ou de la pression. Ce que Fidèle Gouandjika a fait est, objectivement, rare : il a exposĂ© son propre enfant Ă  la vindicte publique, sur ses propres ondes, en utilisant des mots sans appel.

« C’est un acte de courage politique et personnel. Beaucoup d’hommes influents cachent leurs fils. Lui, il le livre — non par haine, mais par principe. Cela dit, nous attendons maintenant des actes concrets. Les insultes ne s’effacent pas par un communiquĂ©. Il faut que le jeune homme comparaisse, qu’il prĂ©sente des excuses publiques aux femmes, et qu’une mesure Ă©ducative ou rĂ©paratrice soit prise. »

— Brigitte Yassibanda, responsable d’une ONG locale de protection des femmes, contactĂ©e par Afrique en Plus

D’autres voix, plus sceptiques, refusent de s’en tenir au geste. « En condamnant son fils, il sauve sa propre lĂ©gitimitĂ© », observe un analyste banguissois sous couvert d’anonymat. « Gouandjika est un politique. Il sait que son image est en jeu. » Le raisonnement est recevable. Mais comme le note le mĂŞme observateur : « Le fond l’emporte sur la forme. Au moins, il ne nie pas. Il appelle les femmes Ă  lui pardonner. C’est dĂ©jĂ  plus que ce que la plupart des pères de ce pays auraient fait. »

La réponse des associations — sobre et ferme

Le Collectif des femmes centrafricaines pour la justice a publiĂ© un communiquĂ© mesurĂ© : « Nous prenons note des propos de M. Fidèle Gouandjika. Nous lui savons grĂ© d’avoir reconnu la gravitĂ© des faits. Nous attendons dĂ©sormais que son fils se prĂ©sente devant les instances compĂ©tentes, conformĂ©ment Ă  la loi. » Ni ovation, ni rejet. Une vigilance active, qui dit en creux que la partie est loin d’ĂŞtre jouĂ©e.

Ce que la justice doit faire que le père ne peut pas faire

La dĂ©claration de Fidèle Gouandjika a une valeur morale indĂ©niable. Elle n’a pas de valeur juridique. Or c’est lĂ  que l’affaire se joue dĂ©sormais. Le jeune homme rĂ©pondra-t-il aux convocations ? La justice centrafricaine — souvent critiquĂ©e pour sa lenteur et sa permĂ©abilitĂ© aux influences — traitera-t-elle ce dossier avec l’exemplaritĂ© qu’il requiert, ou laissera-t-elle la parole du père tenir lieu de verdict ?

Ces questions ne sont pas rhĂ©toriques. Elles sont le vrai test de ce moment. Car si la condamnation publique d’un père peut changer le climat d’une affaire, elle ne peut pas — et ne doit pas — s’y substituer. Les femmes offensĂ©es mĂ©ritent une rĂ©paration qui passe par les institutions, pas seulement par une radio.

Dans un pays oĂą les violences faites aux femmes restent trop souvent impunies, oĂą les puissants protègent les leurs et oĂą la loi se plie aux Ă©quilibres politiques, un père qui dit « mon fils est un crapule » et « je ne me mettrai pas en travers » dit quelque chose d’important. Peut-ĂŞtre le dĂ©but d’une norme nouvelle. Peut-ĂŞtre seulement un calcul d’image bien exĂ©cutĂ©. L’affaire est dĂ©sormais dans les mains des juges et des femmes. Et c’est lĂ  qu’elle doit ĂŞtre jugĂ©e — sans que la parole du père, aussi courageuse soit-elle, serve d’absolution anticipĂ©e.

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