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Harris Yann Daworo Banessem, depuis Abidjan en Côte d’Ivoire brise le silence, livre une analyse sans complaisance et appelle à un sursaut patriotique pour sauver ce qui reste de cette organisation communautaire.

Ce texte affirme qu’il s’agit d’une prise de parole citoyenne, sans cible personnelle ni agenda caché, visant uniquement la construction d’institutions justes et crédibles. Il appelle à la responsabilité collective, dénonce les dérives qui menacent l’avenir commun et rappelle que l’unité prônée par le Président Touadéra ne peut se concilier avec la division, aucun militant n’étant au-dessus des autres.

Une organisation prise en otage par ses propres dirigeants

Le danger le plus sérieux qui pèse aujourd’hui sur la fîtière ne vient pas de l’extérieur, ni d’un vide juridique. Il réside dans la faillite morale de certains responsables qui confondent mandat collectif et intérêt personnel.

Diriger une association communautaire ne signifie plus servir, mais s’y accrocher à tout prix. Une fois le pouvoir acquis, les règles deviennent secondaires, la reddition de comptes facultative, et les dégâts humains acceptables, pourvu que le poste soit conservé. Cette logique transforme les institutions en espaces de prédation plutôt qu’en outils de développement et d’entraide.

Les faux hommes forts en costume

Certains dirigeants se présentent comme des « hommes forts ». Dans les faits, ils révèlent surtout une profonde faiblesse politique et morale. Incapables de débattre, ils attaquent. Incapables d’argumenter, ils insultent. Incapables de rendre compte, ils menacent.

Leur autorité repose moins sur la légitimité que sur la peur. Ironie du sort, lorsque leur pouvoir vacille, ils deviennent soudain défenseurs des règles qu’ils ont eux-mêmes violées. Cette posture opportuniste traduit une lâcheté institutionnalisée plus qu’une quelconque intelligence politique.

S’obstiner à rester à la tête de la faîtière, envers et contre tout

L’incapacité à quitter un poste révèle souvent une dépendance pathologique au pouvoir. S’accrocher à une fonction n’est pas un signe de vision, mais l’aveu d’une incapacité à exister en dehors de l’institution.

Le pouvoir devient alors un gagne-pain, une identité de substitution, parfois même une assurance de survie sociale. Voilà pourquoi l’alternance fait peur, pourquoi la transparence dérange, et pourquoi toute exigence de reddition de comptes est perçue comme une agression.

La Faîtière des Centrafricains d’Afrique de l’Ouest en question

La Faîtière des Centrafricains d’Afrique de l’Ouest illustre aujourd’hui ces dérives. Institution créée sur la base de règles claires, elle est dirigée en marge de ces mêmes règles.

L’absence de bilans transparents, l’incapacité à organiser des assemblées générales crédibles et le refus de rendre compte contrastent avec une étonnante aptitude à intimider, diviser et discréditer toute voix critique. La gestion cède la place à une logique de confiscation.

Le scandale des diplômés sans pensée

Le malaise est accentué par la présence de responsables bardés de diplômes mais dépourvus de rigueur morale et de culture institutionnelle. Un titre académique sans éthique ni responsabilité n’est qu’un vernis social.

À la Faîtière, l’image est saisissante : apparence soignée, discours prétentieux, mais pratiques opaques et gestion indéfendable. Cette contradiction alimente la défiance et fragilise durablement la crédibilité communautaire.

Un lourd héritage pour les générations futures

Ces comportements entraînent retard, destruction et laissent derrière eux un héritage empoisonné.

Ils brisent la confiance au sein de la communauté, découragent l’engagement citoyen, sapent la crédibilité des institutions et compromettent l’avenir collectif.

À force, ils installent une culture de la bassesse qui se banalise et se transmet. Car toute injustice que l’on refuse de corriger aujourd’hui devient, demain, le fardeau légué à nos descendants.

Appel à l’endroit de la communauté diaspora d’Afrique de l’Ouest

La Faîtière des Centrafricains d’Afrique de l’Ouest peut encore être sauvée.

Mais son salut ne viendra ni du silence complice, ni des arrangements de couloir, encore moins de la personnalisation du pouvoir.

Il exige du courage collectif, de la vérité assumée et une rupture claire avec les pratiques qui ont fragilisé notre organisation.

Nous lançons cet appel à toutes les Centrafricaines et à tous les Centrafricains de la sous-région : militants associatifs, responsables communautaires, fonctionnaires, jeunes, femmes et leaders d’opinion.

Il est temps de replacer la Faîtière au service de la communauté, et non d’intérêts particuliers.

Nous appelons chacun à prendre sa part de responsabilité, à refuser la résignation, et à s’engager pour une refondation saine, inclusive et durable de notre Faîtière.

Ensemble, faisons le choix du sursaut.

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