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BANGUI ce vendredi 02 Janvier 2026— L’atmosphère est tendue ce matin au siège de l’Union pour le Renouveau Centrafricain (URCA). Devant un parterre de journalistes et de sympathisants, Anicet Georges Dologuelé, candidat à la dernière élection présidentielle et figure historique de l’opposition, a tenu une conférence de presse incendiaire. Il y a dénoncé avec vigueur ce qu’il qualifie de « sabotage organisé » de la volonté populaire, pointant du doigt l’implication directe de gouverneurs de régions et remettant en cause la neutralité de l’Autorité Nationale des Élections (ANE).

Le ton est grave, la parole mesurée mais ferme. « Le verdict des urnes est sacré et doit être respecté », a-t-il martelé en préambule, avant d’accuser : « Malheureusement, nous avons des preuves irréfutables que certains gouverneurs des régions se sont transformés en chefs d’orchestre de la manipulation des résultats. Ils ont piétiné la souveraineté de notre peuple. »

Des accusations précises : la mainmise sur les « Grandes Provinces »

L’argument central de Monsieur Dologuelé repose sur une affirmation choc : sa victoire écrasante dans les provinces considérées comme des bastions électoraux décisifs.

· Les provinces citées : Il a clairement énuméré l’Ouham, l’Ouham-Pendé, la Nana-Mambéré, et la Mambéré-Kadéï, des régions de l’ouest du pays traditionnellement scrutées pour leur poids démographique et politique.

· Un constat sans appel : « Dans ces provinces, là où le peuple s’est massivement exprimé en notre faveur, des manœuvres ont été mises en place pour inverser la tendance, confisquer notre victoire et présenter des procès-verbaux falsifiés », a-t-il déclaré, brandissant des copies de procès-verbaux d’origine qu’il s’est engagé à verser au dossier d’un recours constitutionnel.

L’ANE dans le viseur : un appel à la neutralité

Au-delà des autorités locales, le candidat de l’URCA a élargi ses critiques à l’institution en charge du scrutin. Il a lancé un appel solennel à l’Autorité Nationale des Élections (ANE), lui rappelant sa mission fondamentale.

· Un organe sous pression : « L’ANE doit être et rester un organe neutre, indépendant et transparent. Elle ne doit obéir à aucune pression, d’où qu’elle vienne, que ce soit du pouvoir exécutif ou des acteurs locaux », a-t-il insisté.

· La crainte d’une validation des irrégularités : Son discours sous-entend une inquiétude majeure : que l’ANE, en validant des résultats contestés issus de ces provinces, entérine des fraudes et brise la confiance déjà fragile des citoyens dans le processus démocratique.

Un contexte électoral sous haute tension

Cette conférence de presse s’inscrit dans un climat post-électoral particulièrement volatile en République centrafricaine. Les précédents scrutins ont souvent été suivis de contestations et de périodes d’incertitude. Les accusations portées par le candidat Dologuelé, si elles étaient étayées par des preuves convaincantes devant la Cour Constitutionnelle, pourraient plonger le pays dans une nouvelle phase de crispation politique.

La suite attendue : le recours juridique

Face à cette situation, le candidat a annoncé que son parti et ses alliés préparaient « minutieusement » un recours en annulation des résultats dans les circonscriptions frauduleuses. « Nous utiliserons toutes les voies légales et pacifiques pour défendre chaque voix volée à nos compatriotes », a-t-il assuré, tout en appelant ses partisans au calme et à la retenue.

Les prochains jours seront décisifs. La réponse de l’ANE à ces accusations, ainsi que la réaction des autorités nationales et des gouverneurs mis en cause, détermineront la trajectoire de cette crise.

Les observateurs nationaux et internationaux attendent désormais la publication des résultats provisoires, scrutant chaque annonce pour y déceler d’éventuels signes confirmant les graves allégations de ce matin.

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