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L’Afrique traverse une nouvelle vague de crises post-électorales qui ébranlent profondément ses nations les unes après les autres.

Du Cameroun à la Côte d’Ivoire, en passant par la Guinée-Bissau, les élections récentes ont été suivies de violences, révélant la fragilité des systèmes démocratiques et l’incapacité à gérer pacifiquement les alternances au pouvoir.

Dans ce contexte tumultueux, la République Centrafricaine s’apprête à organiser, le 28 décembre 2025, des élections générales qui se veulent un test décisif.

Mais peut-elle réellement tirer les leçons de ses voisins pour éviter de replonger dans la spirale infernale des violences post-électorales ?

Les crises au Cameroun ont été marquées par des accusations d’irrégularités massives, un climat de suspicion permanent, et une répression brutale des contestations qui a causé des dizaines de morts. La Côte d’Ivoire continue de pâtir d’une polarisation extrême et d’une opposition marginalisée, tandis que la Guinée-Bissau connue pour ses institutions fragiles vit une instabilité chronique à cause d’élections contestées.

Ces défis illustrent l’impérieuse nécessité pour la République Centrafricaine d’assurer la transparence, l’inclusivité et la légitimité de son processus électoral.

Le Centrafrique, pays trop souvent meurtri par des conflits armés et des crises politiques à répétition, se trouve à un carrefour historique. Les scrutins prévus incluent la présidentielle, les législatives, régionales, et municipales, pour une mobilisation électorale qui touche plus de 2,3 millions d’électeurs.

Les autorités ont d’ores et déjà conscience des enjeux sécuritaires, organisationnels et politiques colossaux. Le soutien de la communauté internationale, notamment la MINUSCA et d’autres partenaires, est crucial pour garantir un environnement sécuritaire apaisé et un accompagnement logistique efficace.

Pour prévenir toute nouvelle crise, la République Centrafricaine doit impérativement investir dans la crédibilité des institutions électorales, en réformant en profondeur l’Autorité Nationale des Élections, et en assurant une gestion transparente des listes électorales.

Un dialogue politique sincère et étendu est essentiel pour intégrer toutes les forces, apaiser les tensions, et instaurer un climat de confiance indispensable avant, pendant, et après le scrutin.

Par ailleurs, la violence doit être prévenue par des stratégies de sécurité proportionnées et centrées sur la protection des citoyens plutôt que sur la répression.

Ces élections sont bien plus qu’un simple exercice démocratique : elles représentent une opportunité cruciale de paix et de stabilisation durable.

Le Centrafrique a aujourd’hui la responsabilité historique de démontrer qu’il peut tourner la page des violences récurrentes et offrir à son peuple un avenir de stabilité et de démocratie apaisée.

Le continent tout entier suit ce rendez-vous, en espérant que la République Centrafricaine saura montrer la voie, au-delà des leçons douloureuses qu’enseignent les crises de ses voisins.

La stabilité de la République Centrafricaine ne sera pas seulement l’affaire des autorités nationales, mais un engagement collectif qui nécessite la vigilance des citoyens, la responsabilité des acteurs politiques, et l’appui constant de la communauté internationale.

L’enjeu est immense, mais le salut du pays en dépend.

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