WASHINGTON, 21 Février 2026 – C’est un coup de théâtre juridique qui a immédiatement provoqué une onde de choc économique. Vendredi, la Cour suprême a infligé un revers cinglant à l’administration Trump en invalidant les droits de douane dits « réciproques » que le président avait instaurés pour faire pression sur les partenaires commerciaux des États-Unis. Mais loin de sonner la retraite, le locataire de la Maison-Blanche a répliqué dans l’heure avec une escalade majeure, promettant une « alternative » qui s’apparente à une véritable déclaration de guerre commerciale planétaire.
Dans une allocution rapide et cinglante depuis le Bureau Ovale, le président a annoncé la mise en place immédiate d’une nouvelle taxe mondiale de 10% sur l’ensemble des importations entrant sur le territoire américain. Une mesure d’une ampleur inédite depuis la Grande Dépression, qui transcende la logique de la « réciprocité » pour frapper indistinctement alliés et adversaires.
« La Cour, composĂ©e de juges activistes, a choisi de lier les mains de l’exĂ©cutif face au pillage de notre industrie. Qu’à cela ne tienne », a dĂ©clarĂ© un prĂ©sident visiblement courroucĂ© mais combatif. « J’utiliserai les pouvoirs que la Constitution et l’urgence nationale me confèrent pour protĂ©ger le travailleur amĂ©ricain. Dès lundi, tout produit Ă©tranger franchissant nos frontières paiera un tribut de 10% Ă la prospĂ©ritĂ© amĂ©ricaine. »
Un camouflet judiciaire devenu catalyseur
La décision de la Cour suprême, prise à une majorité inattendue (6 contre 3), avait pourtant de quoi calmer les ardeurs les plus protectionnistes. Les juges ont estimé que les droits de douane « réciproques » qui visaient à égaler les barrières commerciales imposées par d’autres pays outrepassaient l’autorité du président en matière de commerce, empiétant sur les prérogatives du Congrès. La décision, saluée par les milieux d’affaires, a été perçue comme une victoire du droit international et du multilatéralisme sur la politique du « chacun pour soi ».
Mais pour Donald Trump, cette dĂ©cision n’a Ă©tĂ© qu’une formalitĂ© procĂ©durale. En annonçant cette taxe horizontale de 10%, il change radicalement de paradigme. Il ne s’agit plus de punir des pays spĂ©cifiques pour leurs pratiques dĂ©loyales, mais de lever un impĂ´t gĂ©nĂ©ralisĂ© sur l’ensemble de la chaĂ®ne d’approvisionnement mondiale.
Une escalade aux conséquences vertigineuses
Si cette mesure venait à être appliquée, ses conséquences seraient immédiates et potentiellement dévastatrices :
1. Pour le consommateur américain : Une hausse brutale des prix sur des milliers de produits, des smartphones aux vêtements en passant par l’électronique et les matières premières, alimentant davantage une inflation que l’on croyait jugulée.
2. Pour l’économie mondiale : Une riposte en chaîne des partenaires commerciaux des États-Unis (Union européenne, Chine, Japon, Canada, etc.) est à prévoir. On assisterait alors à une fragmentation accélérée du commerce mondial, avec des risques de récession généralisée.
3. Pour le droit international : L’usage de pouvoirs d’urgence pour justifier une taxe commerciale permanente constitue un dangereux précédent, vidant de leur substance les accords de l’Organisation mondiale du commerce.
Réactions indignées à travers le monde
Les premières réactions internationales ne se sont pas fait attendre. Bruxelles a dénoncé une « décision unilatérale et injustifiable », promettant des « mesures proportionnées et fermes » pour défendre les intérêts européens. Pékin a mis en garde contre une « escalade sans issue », tandis qu’Ottawa a convoqué d’urgence ses ambassadeurs.
Sur le plan intérieur, si la base électorale du président pourrait applaudir cette posture nationaliste, le monde des affaires est en état de choc. La Chambre de commerce américaine a évoqué « une taxe sur la classe moyenne qui détruira des emplois ».
L’annonce de vendredi soir transforme une défaite judiciaire en une crise constitutionnelle et commerciale majeure. Alors que les juristes s’interrogent déjà sur la légalité de cette nouvelle taxe, qui pourrait, elle aussi, être contestée devant les tribunaux, une question brûle les lèvres : le président américain vient-il de déclencher la plus grande guerre commerciale de l’histoire moderne ? L’avenir de l’économie mondiale semble, ce week-end, suspendu à cette nouvelle menace.

