Dar es Salaam (Tanzanie), le 14 Février 2026– L’atmosphère était électrique, hier, au siège de la Confédération Africaine de Football (CAF) lors de la réunion du Comité Exécutif. Ce qui devait être une session de travail ordinaire s’est transformé en un véritable psychodrame, opposant deux poids lourds du football continental : le président de la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT), Samuel Eto’o Fils, et le président de la CAF, Patrice Motsepe.
Selon des sources proches du dossier, que notre rédaction a pu recouper, l’ambiance était « très tendue », pour ne pas dire explosive. L’ancien attaquant international camerounais, connu pour son caractère bien trempé sur les pelouses, a visiblement transféré sa combativité dans l’arène des instances dirigeantes.
« De président à président » : La formule qui a fait basculer le débat
Alors que l’ordre du jour suivait son cours, Samuel Eto’o serait sorti de son silence pour interpeller directement Patrice Motsepe. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la formule n’avait rien de protocolaire.
« Ecoutez, grand frère », aurait lancé le Camerounais, dans un tutoiement qui a glacé l’assistance. « Vous m’avez demandé de ne rien dire, de bien me tenir. Je n’ai rien dit, mais là, je n’en peux plus. »
Selon nos informations, le grief principal de « M. Eto’o » ne concernait pas un point technique du football, mais une question de respect institutionnel et humain.
« Je suis Samuel Eto’o Fils, aurait-il poursuivi, haussant le ton. Quand je te fais appel, on est de président à président. Mais à chaque fois que je vous appelle, vous m’envoyez quelqu’un, alors qu’on doit avoir une relation de président à président. Maintenant, c’est fini. »
Cette sortie, qualifiée de « très remarquée » par un témoin, a plongé la salle dans un silence de cathédrale. Elle traduit le malaise grandissant d’un homme qui, bien qu’étant une légende vivante du ballon rond, peine parfois à trouver sa place dans les arcanes du pouvoir administratif.
L’humiliation comme déclencheur
Derrière cet accès de colère, se dessine la frustration d’un président de fédération qui estime ne pas être traité à la hauteur de sa fonction. L’allusion aux appels téléphoniques systématiquement déviés vers des collaborateurs est perçue comme un signe de mépris par l’entourage du Camerounais. Pour Samuel Eto’o, qui tutoie les sommets depuis ses débuts, cette mise à distance serait vécue comme une humiliation inacceptable.
Quelles conséquences pour l’avenir ?
Si Patrice Motsepe, connu pour son flegme et sa culture du consensus sud-africaine, a tenté de calmer le jeu, l’incident risque de laisser des traces. Cette altercation met en lumière les fractures internes du football africain, entre les nouvelles générations de dirigeants issues du terrain et l’establishment financier incarné par le président sud-africain.
La CAF, qui s’efforce de présenter un front uni pour développer le football sur le continent, devra gérer cette crise avec doigté. Pour Samuel Eto’o, ce coup de gueule est un pari risqué : celui de s’isoler ou, au contraire, de fédérer autour de lui ceux qui partagent ce sentiment de n’être que des « figurants » dans une instance trop lointaine.
Une chose est sûre : la guerre des présidents ne fait peut-être que commencer.

